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Parole d'expert : Jérôme Barchietto

Directeur Artistique chez Market Industrie

05 Mar. 2020
Fabienne Legall Directrice marketing
Fabienne Legall

Diplômé de l’école Estienne, Jérôme Barchietto a commencé sa carrière en tant que Freelance avant d’intégrer le service marketing d’une PME industrielle. Depuis deux ans, il est Directeur Artistique de Market Industrie, une agence de marketing opérationnel spécialisée dans l’industrie. 

Votre agence est spécialisée dans le secteur industriel. Vos clients ont-ils des problématiques, contraintes ou exigences spécifiques, en terme de 3D, que vous ne retrouviez pas dans les autres secteurs d’activité ? 

J’ai très peu travaillé pour d’autres secteurs donc je ne m’avancerai pas à comparer, mais il me semble que pour l’industrie, la justesse de l’aspect technique est primordiale. Notre agence crée des outils pour aider les commerciaux à promouvoir des solutions mécaniques complexes, auprès d’interlocuteurs ayant eux-mêmes un bagage technique. Il est donc important que les images et les animations que nous produisons, même schématiques, soient cohérentes et réalistes pour assurer leur crédibilité. Cela demande d’être en contact étroit avec les Bureaux d’études et les technico-commerciaux afin d’affiner au maximum les concepts mécaniques en amont puis d’avoir un accompagnement tout au long du processus de création pour valider les différentes étapes (interactions entre les différents éléments, animations, physique, matériaux…). Ce sont des évidences dans tous les domaines liés à la 3D mais c’est particulièrement vrai dans notre secteur. 

Vous êtes un expert 3ds Max + V-Ray. Pourquoi ce couple logiciel répond à vos besoins et en avez-vous testé d’autres ? 

J’ai découvert 3ds Max lors de mes études (FCIL à l’école Estienne). C’est donc naturellement sur ce logiciel que j’ai continué à travailler pendant mes premières années professionnelles. J’ai souvent collaboré avec les Bureaux d’études qui exploitent des logiciels de CAO type Solidworks et malgré l’aspect technique que j’ai évoqué précédemment, j’ai toujours essayé d’avoir une approche artistique (c’est aussi ma plus-value) et pour cela 3ds Max est parfait. Le logiciel est vraiment abordable techniquement et permet d’être adapté selon le process de travail de chacun. A partir d’une source unique il me sert donc aussi bien à générer de l’image haute définition que de l’animation complexe ou de la 3D temps réel. Pour moi c’est un vrai couteau suisse qui me permet de me concentrer sur l’objectif. De même pour V-Ray qui est extrêmement puissant compte-tenu de sa relative simplicité. Par ailleurs, la communauté est très importante et toujours d’une grande aide, c’est un plus appréciable ! Je n’ai jamais vraiment testé d’autres logiciels hormis Blender, qui était encore loin derrière ses concurrents à l’époque, mais qui semble aujourd’hui avoir énormément évolué. L’apprentissage de ces logiciels est tellement gourmand en temps qu’il faudrait une vie pour maîtriser ne serait-ce qu’1/10 de chacun d’entre eux…

Quelles technologies voyez-vous émerger et prendre de l’importance dans les prochaines années en terme d’imagerie dans l’industrie ? 

Il y a 3 ans, pour l’EMO - un salon professionnel dédié à la machine-outil -  nous nous étions posé la question de créer des animation en réalité virtuelle. C’est le salon le plus important du secteur et chaque acteur se doit d’y marquer les esprits pour assurer sa notoriété. Cette année-là, la VR connaissait un boom (éphémère) pour l’industrie du loisir. Finalement après de nombreux tests en incluant UNITY dans le workflow, nous avons décidé de basculer sur des animations en réalité augmentée qui nous semblaient bien plus cohérentes avec notre cible et avec un plus gros potentiel didactique pour ce que nous souhaitions réaliser. Le projet a été un succès et a permis d’apporter une nouvelle dimension aux présentations en superposant des animatiques virtuelles interactives sur des modèles exposés physiquement. Aujourd’hui c’est clairement LA technologie qui se développe dans l’industrie, à plusieurs niveaux, aussi bien en amont pour la simulation que pendant la production pour apporter des aides techniques aux opérateurs. L’utilisation de la réalité augmentée est croissante, la technologie devient abordable et finalement il ne reste plus qu’à en imaginer les usages…

https://www.market-industrie.net/